A l’heure où la mondialisation est dominée par une nouvelle offensive de l’économie capitaliste, à la recherche du profit financier aux dépens des êtres humains et de leur environnement, la défense et la promotion du patrimoine culturel et linguistique se posent en termes nouveaux.
De même que la défense et la promotion de notre langue nationale à l’échelle du monde ne saurait se traduire par le mépris et la lutte contre les autres langues, l’intérêt historique attaché à juste titre à la langue commune aux citoyens français ne peut signifier le laisser faire, dans la jungle de la concurrence des langues, pour les langues minoritaires et leurs cultures à l’intérieur du territoire national.
Les langues de France sont une richesse qui ne saurait relever de la seule initiative privée. Elles doivent avoir une place dans l’espace public qui leur permette d’être visibles et audibles. C’est la condition première de leur pratique. Si l’accès aux langues régionales à l’école doit continuer à relever du libre choix, être « facultatif, optionnel mais de droit », disions nous dans notre proposition de loi, présentée par le député de Marseille Guy Hermier en 1988, l’Etat a l’obligation de rendre ce choix effectivement possible, d’abord en informant les familles, et plus largement la société, de la richesse linguistique et culturelle de la France, puis en proposant une offre généralisée, partout où l’une de ces langues est pratiquée, partout où une demande se manifeste. En raison de l’existence d’une diaspora, un enseignement des langues régionales doit également être proposé dans les grandes métropoles comme Paris ou Lyon.
La création en langue régionale doit être soutenue par une aide singulièrement accrue du ministère de la culture et de la communication, en relation avec les collectivités locales, afin notamment de favoriser le contact et l’échange entre les créations et les grands lieux d’affichage culturel que sont par exemple les diverses manifestations nationales et régionales.
Les actions et les débats qui ont permis d’obtenir, en 2008, la reconnaissance des Langues et des Cultures de France dans la Constitution appellent aujourd’hui la mise en place d’une politique ambitieuse. Celle-ci devant permettre à la nation de valoriser la diversité de ses pratiques linguistiques. Cette politique doit s’accompagner de la création d’instances de contrôle indépendantes chargées de faire respecter la loi, de suivre l’évolution de sa mise en œuvre et d’évaluer les effets des mesures prises. Ses observations devraient faire l’objet d’un rapport annuel devant la représentation nationale, l’Etat ne cherchant pas à fuir ses responsabilités en renvoyant au niveau régional les mesures à prendre.
La cohésion sociale, garante de l’unité républicaine, suppose que notre République accueille enfin la diversité comme une richesse à partager entre tous. C’est pourquoi, fidèle à une tradition continue depuis sa création, le PCF, dans la continuité du travail entrepris en 2004 par ses Députés en liaison avec le Réseau Langues et Culture de France, entend présenter une nouvelle proposition de loi sur les langues régionales de France, en la préparant avec toutes celles et tous ceux qui le souhaiteront.
L’on pourra juger enfin de la sincérité de ceux qui affirment par ailleurs, en paroles, leur intérêt pour notre patrimoine linguistique et culturel, au regard des moyens qu’ils veulent mettre en œuvre pour faire face à ces besoins, tant dans la sphère culturelle que dans l’enseignement, à l’heure où des coupes claires affectent gravement et continûment ses domaines.
*C’est dans ces perspectives que le PCF apporte son soutien actif à la manifestation du 24 octobre** à Carcassonne*